Analyse de Phèdre 2011
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La passion amoureuse - la fatalité - l'aveu - la culpabilité

«ni tout a fait coupable ni tout a fait innocente»

Phèdre n'est pas coupable de sa passion pour Hippolyte. Elle est privée de son libre arbitre par Vénus – la déesse de la passion amoureuse – qui se venge du soleil sur ses descendants.

«On ne peut rien changer à son destin. » (Esope)

C'est dans son comportement, la manière dont elle appréhende cette passion qu'on peut lui faire des reproches.
Phèdre tente d'abord de résister a sa passion,elle exile Hippolyte a Trézène et parvient a retrouver un équilibre 

«Je respirais, Œnone; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence » (v 297-298)

Victime à nouveau du destin elle doit retourner aàTrézène où sa passion pour Hippolyte se réveille. Elle agit alors de manière noble,digne d'un personnage de tragédie, préférant se laisser mourir que d'avouer sa passion. Cependant elle est confrontée à un dilemme : peut-elle cacher la vérité à Œnone, sa fidèle servante qui la supplie de parler et la menace de se donner la mort si elle ne parle pas? Affaiblie par son jeûne et ne pouvant supporter les plaintes d'Œnone elle choisit d'avouer, un choix qu'on peut lui reprocher. 
Lorsque Phèdre apprend la disparition de Thésée elle dévoile, encouragée par Oenone, son amour à Hippolyte. On ne peut pas lui reprocher de l'avoir fait, Thésée étant mort son amour n'est plus aussi coupable.
Thésée n'est finalement pas mort et Phèdre a appris que Hippolyte en aime une autre. Aveuglé par sa jalousie elle laisse Œnone faire croire a la culpabilité de Hippolyte. Elle a de nombreuses opportunités de rétablir la vérité mais ne le fait pas. Ce choix qui entraine la mort d'Hippolyte est sa principale erreur :

« Mes crimes désormais ont comblé la mesure.
Je respire à la fois l'inceste et l'imposture.
Mes homicides mains, promptes à me venger,
Dans le sang innocent brûlent de se plonger.
Misérable ! Et je vis ? »

La passion amoureuse est une des constantes fondamentales du genre tragique. Lorsque celle-ci était absente, les dramaturges se sentaient obligés de s'en justifier. Racine s'est imposé pour loi de bâtir ses pièces sur les violences de cette passion.

Phèdre fournit un parfait exemple: l’action est déclenchée par l’amour chez plusieurs personnages; Thésée aime Phèdre, qui aime Hippolyte, qui aime Aricie, qu'il est interdit pour tout homme de fréquenter. L’histoire elle-même découle d’une passion amoureuse adultère entre la déesse infidèle Aphrodite et le dieu Arès. Hélios les dénonce, ce qui amène Aphrodite à punir ses descendants: Pasiphaé sera sa première victime, puis suivra Ariane et enfin Phèdre. Le drame naît du fait que les personnages souffrent que l’on ne leur réponde pas, et ne veulent pas que l’autre soit heureux sans eux. Chez Racine, l’amour est toujours plus puissant que la raison et conduit souvent à la mort. Dans Phèdre, Oenone aide Phèdre à exciter Thésée contre Hippolyte en créant une rumeur : Hippolyte a fait des aveux à Phèdre. Cette dernière réalise ce qu’elle est en train de faire, le monstre qu’elle devient, et éclate en reproches contre Oenone qui finit par se jeter dans la mer profonde. Hippolyte va aussi finir par périr, ainsi que Phèdre qui s'empoisonne. L'amour reste donc le thème principal de l'oeuvre.
Un point important est que les personnages souffrent moins lorsque leur amour est loin d'eux. Phèdre cherche à étouffer sa passion pour Hippolyte en apaisant les divinités, en vain. Elle décide alors d’éviter Hippolyte mais quand elle voit Thésée, elle retrouve les traits d’Hippolyte. Elle avait obtenu de son mari l’exil d’Hippolyte, ce qui la permettait de respirer et ce dernier cherche lui-même à fuir Aricie ; il dit à Théramène : « Si je la haïssais, je ne la fuirais pas ».

Rien ne peut s’opposer aux ravages de l’amour ; Phèdre est condamnée à la défaite car non seulement Hippolyte est son beau-fils, mais il est aussi follement amoureux d’Aricie. Phèdre cherche à garder le silence sur son secret, mais finit par s’effondrer et déclarer son amour à Hippolyte qui refuse ses avances, l’envoyant au bord du suicide et de la déchéance.

La passion amoureuse est présente partout et peut empêcher la capacité de rationaliser. Elle conduit au bien ou au mal ; à travers un mensonge, elle peut mener à beaucoup de conflits, de malentendus et parfois aux vœux de la mort de quelqu’un. Thésée demande aux cieux de punir Hippolyte pour ses actions supposées. Lorsque Phèdre apprend qu’elle a une rivale, Aricie, elle ne supporte pas qu’Hippolyte soit heureux sans elle et veut convaincre Thésée à l’envoyer en exile à nouveau.

L’impact de la passion amoureuse se résume en la citation de La Bruyère : « L’on veut faire tout le bonheur, ou si cela ne se peut ainsi, tout le malheur de ce qu’on aime ». L’amour nous hypnose et nous fait croire que l’autre personne ne peut que être heureux en notre présence, nous entraînant à provoquer son malheur dans le cas où elle nous repousse.


Le thème de l´aveu dans Phèdre

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L´aveu signifie dévoiler une action, d'expliquer quelque chose d'ignoré, de caché. Le texte de Phèdre en comporte cinq. On peut même dire, avec Roland Barthes, que c´est une tragédie de l´aveu. Dans cette pièce de Racine, Phèdre rompt trois fois le silence. Les personnages d´Hippolyte et d´Aricie rompent chacun une fois le silence. Souvent les personnages ont des difficultés à avouer et c´est avec l´aide d´autres qu´ils le font.





Les aveux de Phèdre :

Le premier aveu de Phèdre a lieu dans l´acte I, scène 3. Dans cette scène Phèdre avoue son amour pour Hippolyte à Œnone. Dans ces vers Phèdre avoue son amour :

« Dieux ! que ne suis-je assise à l´ombre des forêts !
Quand pourrai-je, au travers d´une noble poussière,
Suivre de l´œil un char fuyant dans la carrière ? »  (Vers 176 à 178)

Dans cette citation, on peut voir que Phèdre ne prononce pas le nom d´Hippolyte, mais Œnone sait que c´est Hippolyte qui fait des courses de char. Ensuite Œnone est très choquée de l´aveu de Phèdre. Phèdre remarque qu´elle a trop parler et est très gênée. Elle n´a pu avouer cet amour après avoir su que Thésée soit mort. Œnone a obligé a Phèdre d´avouer son amour.

Le second aveu de Phèdre a lieu dans l´acte II, scène 5. Phèdre avoue à Hippolyte son amour pour ce dernier. Phèdre ne voulait pas avouer son amour pour Hippolyte mais elle glisse et en fin de compte elle avoue. Le glissement a lieu entre :

« Oui, Prince, le languis, je brûle pour Thésée. …
… Se serait avec vous retrouvé´ou perdue. » (Vers 634 à 662)

Elle parle de Thésée et le compare à Hippolyte pour enfin que parler d´Hippolyte. Elle dit que Thésée n´est plus comme avant, mais le vrais Thésée est celui devant elle, Hippolyte. Le fils de Thésée est scandalisé par ce propos de la part de Phèdre. Il lui rappelle, qu´elle est marié avec son  père.

Le troisième aveu de Phèdre est celui dans l´acte V, scène 7. Phèdre avoue à Thésée son amour pour Hippolyte. Phèdre se sent obliger d´avouer son amour pour Hippolyte après sa mort. Ce sont les vers suivants :

« Les moments me sont chers, écoutez-moi, Thésée. …
Rend au jour qu´ils souillaient toute sa pureté. »  (Vers 1622 à 1644)

Dans ces vers Phèdre est désolé d´avoir aimé Hippolyte. Ensuite elle dit qu´elle a pris du poison, parce que Hippolyte est mort et c´est pour cette raison qu´elle veut mourir. Thésée est heurté par cet aveu. Peu après Phèdre meurt de l´effet du poison. Phèdre n´est pas amené à avouer, mais plutôt elle le fait de soi même.

Le fait que Phèdre a rompu 3 fois le silence et a avoué un amour, ne lui laisse aucune autre possibilité que de mourir car Thésée et d´autre savent déjà trop sur son amour. Elle est morte car elle a parlé.

Les aveux d´Hippolyte et d´Aricie :

L´aveu d´Aricie repose sur le fait qu´Aricie avoue à sa servante son amour pour Hippolyte. Cet aveu se produit dans l´acte II, scène 1. Ce sont dans les vers suivants qu’Aricie dit son aveu :

« J´aime en lui sa beauté, sa grâce tant vantée, …
Aurais-je pu fléchir … »                                        (Vers 438 à 462)

Dans cet aveu Aricie répète souvent « J´aime » c´est une anaphore. Après avoir prononcé son aveu, Aricie est surprise de son imprudence d´avoir confié ses sentiments à quelqu´un. Elle se demande d´ou elle a pu aimer son ennemie.

L´aveu d´Hippolyte consiste à ce que le fils de Thésée avoue son amour à Aricie. Cet aveu se passe dans l´acte II, scène 2.  Comme pour le second aveu de Phèdre cet aveu se produit dans un enchainement et d´un glissement qui abouti à la fin par l´aveu. Ensuite Hippolyte est choquer d´avoir dit tout ca. Aricie ne sait pas quoi dire. Hippolyte ditr qu´il a trop dit et doit maintenant tout avouer. Il fini son discours en disant qu´il a oubliés les leçons de Neptune et qu´Aricie doit tout oublier ce qu´Hippolyte lui a dit.





Bibliographie :
Racine, Phèdre dossier documentaire, classiques Bordas

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